Même en couple, le gaydar est toujours actif

Le lieu

Ça ne peut arriver qu’en train, parfois en avion mais c’est pas tout à fait pareil. Le TGV se prend plus souvent, plus simplement. Pour partir en vacances comme pour partir au boulot. C’est un peu comme le bus, le tram ou le métro. On y monte sans réfléchir, on ne se dit même pas que l’on va se retrouver assis à côté de quelqu’un. On doit aller quelque part alors on y monte, c’est tout. La différence avec le TGV, c’est qu’une fois assis, on s’installe.
Le trajet le plus court en TGV dure facilement une heure. Ça en laisse du temps pour s’installer. Très souvent, cette heure, vous allez la passer à côté de quelqu’un. Vous allez me dire : Oh je te vois venir, tu vas nous sortir la rencontre improbable avec le super mec hétéro canon qui s’installe juste à tes côtés. Il ne te calcule pas, il appelle tout le temps sa copine ou sa femme en contemplant la photo de ses enfants.
Que nenni, chers amis ! Je suis plus subtil que ça. Pour corser l’ensemble disons que vous n’êtes pas seul à prendre le TGV mais que vous le preniez avec votre petit copain de longue date. Mieux, votre mari de plusieurs mois après des années de Pacs. Votre mari pas trop branché à ce que vous draguiez à tout va sous son nez… ! Vous visualisez le scène, le voyage TGV lambda pour aller chez mamie, ou la partie train qui précède le vol vers le soleil. Le visualisez-vous bien ? Bon, alors maintenant, et seulement maintenant arrive le beau mec.

Le mec

Il est beau comme un dieu, c’est obligatoire. Viril aux yeux de braise. Évidement c’est l’été, il fait chaud et moite et humide et il est en bermuda – T shirt échancré… évidemment. Il ne s’assiéra pas à vos côté puisqu’il y a votre cher et tendre et fidèle mari. Il s’assiéra comme vous, presque à votre niveau, côté couloir mais dans l’autre rangée. Vos sièges sont installés en quinconce – en diagonale. Celui de votre rangée est tourné vers l’avant du train, celui dans sa rangée est tourné vers l’arrière. En somme, hormis le siège devant vous et le couloir, vous ne voyez que lui, et inversement. Mieux d’ailleurs, votre mari ne le voit pas. Maintenant, j’ajoute la fève : en s’asseyant, le bellâtre à croisé votre regard et cela a duré un peu trop longtemps.
Désolé, je me reprend je suis allé beaucoup trop vite. J’ajoute donc la fève en précisant que le bellâtre s’approche de vous en avançant dans l’allée sans vous regarder. Une fois sur place, il soulève son gros sac de sport jusqu’au dessus de son siège pour le ranger sur les racks et du coup ses reins ainsi dévoilés sont si proches de vous que vous percevez jusqu’au grain de sa peau ; sa peau est toute veloutée, vous vous en doutiez. Bien sûr il s’assoit dans un râle de mâle, et le plus nonchalamment et le plus lentement du monde il se laisse fondre sur son fauteuil en avançant doucement son bassin de diable, ce qui a pour effet de relever son bermuda jusqu’à mi-cuisse. Il a chaud, il a transpiré, vous sentez son déodorant, vous l’observez qui s’éponge. D’abord le front. Le menton jusqu’à la base de son cou humide outrageusement exposé par l’échancrure de son col de T shirt qui lui colle de partout. Et là, et seulement là donc, il vous regarde. Et ce regard dure… Vous en êtes surpris tous les deux.

Le choix

Vous lâchez un petit soupir. Tout petit, tout bref, et malgré vous. Vous pourriez le jurer la main sur le cœur que c’était malgré vous. Votre copain, ou votre mari l’entend. Qu’est-ce qu’il y a ? vous demande-t-il tendrement la main sur votre cuisse. Qu’est-ce qui t’arrive ? Vous vous ressaisissez. En face, le bellâtre détourne son regard. Quoi ? s’agace votre mari. Et tout gentiment vous lui répondez : rien ! Quoi d’autre ?

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