Se faire draguer par une fille quand on est gay

Une nouvelle copine ….?

Tout commence par une rencontre fortuite. Elle se fait n’importe où, en ville, au boulot ou devant son chez-soi. Ça commence par un petit rien. Une discussion engagée sur le temps qu’il fait en attendant le bus, un soupir d’agacement partagé devant la machine à café qui cale une énième fois ou un simple bonjour poli devant la boite au lettres. On évalue la probabilité de pluies, on râle sur la robotisation qui faillit, on jette de concert les mêmes dépliants publicitaires à la poubelle. On cause, on cause, on cause et soudain, de façon totalement inattendu, on rit. On rit agréablement. On rit franchement. On rit de la même chose. Une bonne blague. Une anecdote. Un ragot. On rit de la même chose au même moment, de la même façon. On est sur la même longueur d’onde. On s’en rend compte et ça fait du bien. Tout à coup, on est deux. On s’entend. Alors on cause encore, encore et encore. Et on rit, davantage. Par l’humour, on se rencontre. Doucement, une connivence s’installe.

Le lendemain, puisque lendemain forcément il y a, on ne se rencontre plus ! Pas plus à l’arrêt de bus que devant la machine à café ou les boites au lettres. Le lendemain on ne se rencontre plus, on se retrouve. C’est comme un rendez-vous mais aux allures d’imprévus. On sait exactement l’heure qu’il est et où il faut se rendre pour se voir, causer et rire. C’est ce qui nous unit, nous rapproche. Ensemble, on rigole. Très vite, la boite au lettres, la machine à café où l’arrêt de bus n’y suffisent plus. Notre dose de rire désormais quotidienne doit s’étaler partout. Il faut se voir, plus longtemps, plus sérieusement. Il faut se voir ailleurs. Donc on échange son numéro de téléphone, on s’accorde sur un après-midi, un début de soirée, un café ou un apéro après le boulot. On se dit qu’elle est vraiment sympas cette fille, cette collègue, cette voisine.

Merde, elle a cru que je la draguais … !

On arrive au rendez-vous le jour dit en toute décontraction, l’esprit léger. On l’attend un peu. Puis de plus en plus. En fait elle est en retard. On sent qu’on s’agace et on lutte contre ce sentiment méchant. Enfin elle arrive. Toute pimpante, maquillée de partout et ultra parfumée. Elle est différente. On est surpris. Elle est habillée différemment. On se dit qu’on aurait dû reprendre une petite douche avant de partir. Elle parle différemment. Là, ça fait bizarre. Elle rigole un peu sottement. On regrette presque d’être venu. On croise son regard luisant et c’est le choc. Violent. On se dit « Merde, elle a cru que je la draguais … ! »

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