Mes cheveux se barrent dès que j’ai le dos tourné

Ma coiffeuse est méchante

Elle avait fermé sa bouche durant tout le shampoing.

Le salon - l'épreuve de vérité
Le salon – l’épreuve de vérité

Elle devait penser à autre chose puisqu’elle sifflotait. Une fois terminé, elle m’a rincé en chantonnant, enveloppé la tête dans une serviette parfumée et m’a sommé de sa voix professionnelle de me rendre sur le siège devant le miroir. Elle s’est placé derrière moi, a viré la serviette et redressé mon port de tête sans ménagement en m’annonçant « comme d’habitude ? ». « Oui, oui… » ai-je répondu. Et elle s’est mise à couper. Couper et encore couper. Je la regardais faire du coin de l’œil, je peux même dire que j’attendais, que je la guettais, et au moment de couper au niveau de mes tempes, la voilà qui s’arrête de chantonner, se met à faire la moue, me regarde dans le miroir et me sort sans détour, sans même me faire croire qu’elle me posait une question :
Vous avez encore perdu des cheveux !
– Ah ?

Papi m’a trahi

La première fois qu’un coiffeur m’a dit que mes cheveux se faisaient la malle, j’ai d’abord rit de toutes mes dents. Alors il m’a brossé et ramené les cheveux d’un côté, pour que je vois. J’ai vu, et je ne suis plus jamais revenu. Le choc avait été si violent et lui si peu psychologue que je ne suis plus jamais retourné dans son salon. Une dizaine de salons plus tard, me voilà chez cette coiffeuse, pas plus psychologue que les dix autres, mais je me suis fait à l’idée maintenant : depuis dix ans, on me pique des cheveux ! J’ai tout essayé et j’essaye encore, mais régulièrement face au miroir de cette même coiffeuse, le constat est sans appel, il y a bien vol !

minoxidil - le meilleur ami de l'homme
minoxidil – le meilleur ami de l’homme

Je fais pourtant tout ce qu’elle me dit : pas de brossage trop ferme, pas de gel, pas de sèche-cheveux, un shampoing adapté et des rasades de minoxidil matin et soir sur le cuir chevelu. Je ne lui ai rien dit mais je prends même des gélules anti-chute que je trouve au supermarché. D’après elle, c’est héréditaire, ça vient de mon père. J’acquiesce à chaque fois, mais chaque fois que je me retrouve en face de mon père et de sa crinière de lion, j’en reste pantois. Je lui ressemble pourtant tellement. Même taille, même visage, même allure et même voix. C’est mon grand-père qui ne nous ressemblait pas du tout. C’est mon grand-père qui était chauve comme une boule de billard. Lui qui disait toujours que voir mon père, c’était me voir dans vingt-cinq ans. Ca donne envie de le ressusciter pour lui mettre une baffe !