Ru Paul's Drag Race UK (telegraph.co.uk)

l’Angleterre, Ru Paul et des Drag Queens

Oh comme notre France est bien triste en ce début d’automne déjà bien pluvieux. Le monde qui l’entoure semble bien tristounet lui aussi. D’un côté le fric pour le fric, de l’autre le chômage en masse. A l’ouest le néolibéralisme, à l’est l’autoritarisme. En orient Daesh, en occident les réfugiés. Et au milieu, la crise, partout la crise, rien que la crise. Notre bonne vieille France semble bien inanimée quand on la regarde de l’étranger. D’ailleurs même les étrangers ne veulent plus se réfugier chez nous. Ils veulent tout juste passer par chez nous, comme on passe par un musée, pour voir, avant de poursuivre la route les menant là où ça bouge vraiment, pour de vrai de vrai. En Angleterre.

jeune anglais à Londres aux couleurs de l'union jack

pimpant britannique sautillant

Ah, l’Angleterre. Rien que le nom émoustille. Londres surtout. Allez faire un tour à Camden. Errez dans les allées de son marché aux puces entre les hippies du coin. Sirotez une bière à la terrasse d’un pub remplie de gothiques rigolards. Entre vieilles maisons en briques rouges et rue bondées, flâner au milieu des punks repousse au plus loin toute notion d’avoir l’air bizarre. Que l’on s’y rende en tongues et tunique en jute, ultra piercé de la tête et les cheveux bleu nuit sur un côté… on y rencontrera toujours plus freak et déluré que soit. D’un autre côté, se promener à Soho en Tshirt aux couleurs de l’Union Jack avec un parapluie et un chapeau melon ne fera pas non plus de vous le plus toqué des ringards. Et sachez, très chers, que vous ne saurez jamais jamais jamais ce que c’est qu’assumer à fond son côté kitchissou tant que vous ne serez pas aller fureter au Royal Mews Shop à Buckingham (s’il vous plaît…) pour y dénicher, après des heures et parmi des dizaines d’objets tous forcément cul-cultes, La Tasse ou L’Assiette à l’effigie des Royal Babies, George and Charlotte. On peut, bien sûr, tout commander par internet, de chez soi, confortablement installé au coin du feu. Pourtant je vous le jure sur toutes les têtes du monde, il faut s’y rendre, on se doit d’avoir fait la queue à la caisse, une tasse ET une assiette à la main, l’air ravi et entouré de grannies (les mamies anglaises, pas les pommes) pour prétendre avoir vécu une expérience unique à Londres. On se doit !

royal baby - l'assiette commémorative

royal baby – l’assiette commémorative

Et puis en Angleterre il y a la télévision. La BBC en est l’emblème, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette très ancienne et respectable vieille dame sait toujours se faire un peu funky. En 2011, elle diffusait un documentaire tout en finesse sur le parcours du blondinet Jamie, 16 ans, « apprenti » Drag Queen. Cette même BBC diffuse également le Graham Norton Show chaque vendredi soir depuis 2007. Un must ! Les autres chaînes ne sont pas en reste d’ailleurs. Comment oublier channel four qui fit produire et diffuser Queer as Folk en 1996. Plus proche de nous, Itv fit du Frenchy Yanis Marshall une star de Britain’s got talent en 2014. L’inimitable danseur à talons aiguilles fut un réel succès outre manche mais les anglais avaient bien été préparés quelques années plus tôt par l’arrivée en grande pompes sur Channel Four de l’américain(e) Ru Paul et son show US détonnant : Ru Paul’s Drag Race, diffusé depuis par TruTv.

Le principe de l’émission : une compète et une mission. La compète, elle se joue entre des Drag Queens. La mission, celle de Ru Paul, dénicher parmi les prétendant(e)s l’America’s next Drag Superstar. Une mission importante, donc. Pour y arriver, Ru Paul, épaulée de Michelle Visage lance des petits défis : réinventer son look qu’avec des rideaux, concevoir leur robe de mariée (tout un programme) ou être photographié(e) en sautant sur un trampoline. Il y a de gros défis aussi. Transformer de gentils vieux messieurs en Drag Mamies en est un. Évidemment, le show plût aux anglais. Évidemment, une version anglaise est sérieusement envisagée.

Et pourquoi pas en France ? Me demanderez vous très justement. Nous sommes punis. Pas de Ru Paul pour nous, très chers. Pourtant, ne serait-ce que deux ou trois petites mini Drag Queen jetées comme ça dans la maison des secrets mettraient un peu d’ambiance, donneraient un coup de fouet, égayeraient ces jours qui raccourcissent. Enfin moi je dis ça….

Laisser un commentaire